lundi 19 mai 2014

LILY & KARL MOÖNS EXPOSENT DU 29 mai au 8 juin 2014



L’empreinte : celle qui laisse une trace sur le papier à travers le corps et la matière, un autoportrait en impression coloré, qui dévoile au spectateur une intimité, une mise à nu sans voyeurisme, ni pornographie.

Ici, le papier est comme un miroir qui laisse la trace indélébile du corps à travers la peinture. Il ne s’agit pas d’un rite ou d’une cérémonie mais d’un témoignage pour se regarder et se raconter autrement, comprendre et appréhender les vestiges d’une histoire qui se laisse voir.
Peindre ce que l’on renferme. S’exposer à travers l’art en utilisant, dans le souci du détail, le pigment rouge, les terres, les ocres, en assemblant les teintes qui ne se mélangent pas mais se superposent. Comme une accumulation anecdotique, les couches se succèdent en strates et peignent un récit.
La couleur dominante est le rouge,  symbole d’énergie vitale puissante, qui anime et veut se montrer. Le rouge est chargé de violence et apporte la mort, mais donne aussi la vie et rend la femme vivante. Ce même rouge sang, qui nous parcours, nous alimente dans notre féminité et peut aussi s’écouler jusqu’à nos pieds.

L’art nous permet de montrer sans être vue, bien que dans ce cas, ce soit un paradoxe. C'est un exutoire et lors d'une exposition, un saut dans le vide.
Yves Klein a su le faire et il nous a aussi légué ses anthropométries. La seule performance que je laisse entrevoir, est celle figurant sur les photographies en huis clos, témoin de la mise en œuvre des empreintes laissées sur la toile. Celles laissées sur la peau sont éphémères et disparaissent avec leur histoire.
En guise de « parure éphémère », je vous laisserai une empreinte à même le mur de l’exposition, qui disparaîtra sous la peinture blanche, afin que  l’artiste suivant prenne possession des lieux.

La dernière empreinte que je laisserai, peut-être, sera le souvenir de cette exposition qui elle aussi s’étiolera avec le temps.

dimanche 14 juillet 2013

La Quadrature de Wittgenstein - Ring of Fire


Le collectif lillois RING OF FIRE présente, à la galerie Voûte 88:

La Quadrature de Wittgenstein

Le Ring of Fire est un collectif artistique fondé à Lille le 7 novembre 2011. A travers de multiples formes d’expression – dessin, sculpture, installation, vidéo, performance il propose un univers traitant du monde de la boxe anglaise, parfois de manière explicite et parfois moins directement. La boxe est en effet envisagée comme un monde à part entière, avec son histoire, ses règles, ses pratiques, mais aussi comme un prisme qui permet d’aborder avec distance des thèmes universels (la nature humaine, l’absurdité, l’image...).

Avec la « quadrature de Wittgenstein » le collectif. pose la question de la représentation de la boxe. Comment est-elle donnée à voir ? Comment la perçoit-on ? Elle-t-elle une pratique sportive intrinsèquement spectaculaire ? Le canard-lapin est une image réversible qui permet de voir l’un ou l’autre animal dans une seule figure. Cette image est notamment devenue célèbre par le commentaire qu’en a fait le philosophe Ludwig Wittgenstein. En substance, il démontre que nous associons systématiquement une représentation à nos habitudes de pensées et à nos schèmes culturels. Ainsi, bien souvent, la boxe, les cultivant parfois elle-même, est associée à des clichés qui en donnent une vision fausse ou parcellaire. C’est le propos du Ring- of-Fire avec cette exposition et la performance «World Wittgenstein Boxing ». Le ring mobile, plateau de 2m de côté, est l’expression dans l’espace de cet aspect simpliste de la boxe, de toute image qu’on se fait des choses, réduisant le combat, au lieu d’une chorégraphie savante et complexe, à un affrontement ridicule aussi violent qu’absurde. Le Ring of Fire associe donc l’impossibilité de sa propre quadrature à cette impossibilité d’un juste regard sur la boxe. Autour du ring mobile, quelques productions font valoir leur puissance métaphorique précisément, leur valeur d’image – en écho à l’architecture du lieu et à ce dont il a été le théâtre... 

Exposition du 18 au 28 juillet du jeudi au dimanche de 14h à 19h.

jeudi 27 juin 2013

Peau d'âme - Juliette Choné

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La Galerie VOUTE 88, accueille et invite Juliette Choné à investir l’espace de la galerie pour la présentation de son exposition Peau d’âme, une variation sur les le thème de la féminité sur fond de conte des fées. Entre installation/objet et dessin, l’exposition déploiera au sein de l’association La Vache Bleue tout son potentiel poétique.



Exposition du 4 au 14 juillet 2013, ouverture de mardi à dimanche de 16 à 20h.




  Peau d’âme et autres métamorphoses

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Les ouvres présentées à la galerie Voute 88 pour l’association La Vache Bleue sont nées d’un projet sur le thème des contes, en particulier Peau d’Ane.

J'affectionne le dessin au crayon et au stylo, le lavis, ainsi que l'exploration de l'oxydation du métal comme matériau sensible, esthétique et symbolique: soit un «déchet esthétisant».
Davantage poétique que conceptuel, mon travail est une réflexion contemporaine et sensible sur le temps, à travers de grands thèmes intemporels, artistiques et philosophiques, comme les vanités, la mélancolie ou encore les contes et la métamorphose.

Diplômée d'Olivier de Serres, j'ai travaillé à la création et surtout à la restauration de vitraux pour les Monuments Historiques. Par conséquent, je devais déceler puis stopper les altérations du verre, du métal ou encore des peintures. Avec mon DEA en arts plastiques, j'ai repris mon envol en création mais paradoxalement, le temps et les métamorphoses qu'il engendre sur la matière sont restés mes préoccupations. Aujourd'hui je créée, je provoque ces altérations et par conséquent ces déchets hautement poétiques.

Pourquoi Peau-d'âne?

Souvenez-vous, l'histoire d'une fillette métamorphosée en jeune et jolie femme qui doit gagner du temps pour ne pas se faire épouser par un père incestueux...C'est grâce à des souhaits de robes plus improbables les unes que les autres, dont la robe couleur du temps, qu'elle va tenter de gagner, un peu de ce temps....
La robe est un symbole de féminité et de séduction et dans sa simplicité se réfère également à l'enfance. De manière plus générale, le vêtement est ce que Roland Barthes classe comme un objet de communication et de langage .
J’ai imaginé depuis longtemps des robes de papiers, de porcelaine, de viande et de métal, cousues, suspendues à un fil rouge, celui du sang et de la vie. Des robes vanités, déchets, fragiles, abîmées, déchirées, séchées, rouillées, matérielles et immatérielles, des robes seconde peau, qui interviennent entre intériorité et extériorité. Des robes «Peau d’âme»
Ces enveloppes vides de corps, témoignent du temps qui passe et de la mort d’un état, celui de l’enfance. Des robes voilées de vert-de-gris qui à l’instar d’Yves Klein incarnent et subliment dans ses pigments bleus une chair dévorée et immatérielle.

Inversement, dans mes dessins, la couleur ne née pas de la matière mais de la fluidité et du processus pictural. Ce processus impose de dessiner et de peindre à l’horizontal puis de mettre à la verticale le papier supportant les couleurs afin de faire couler, mélanger , superposer celles-ci.
Provoquant ainsi coulures généreuses et tâches, tantôt maitrisées, tantôt fruit du hasard.
Juliette Choné